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Facturation électronique profession libérale : obligations, calendrier 2026

Sommaire

    Résumé de l'article

    • Toutes les professions libérales concernées : même en micro-BNC ou en franchise en base de TVA, vous êtes assujetti et donc soumis à la réforme de la facturation électronique. 
    • Deux dates clés : réception obligatoire dès le 1er septembre 2026, émission obligatoire à partir du 1er septembre 2027 pour les TPE, PME et micro-entreprises.
    • E-invoicing et e-reporting : vos factures B2B France passent par l'e-invoicing, vos opérations B2C et internationales par l'e-reporting. La plupart des BNC sont soumis aux deux.
    • Activités exonérées : les actes médicaux ou d'enseignement exonérés de TVA échappent à l'e-invoicing, mais l'e-reporting peut s'appliquer. Attention aux activités mixtes.
    • Agir maintenant : choisissez une PA (Plateforme Agréée) et testez vos outils avant l'échéance de septembre 2026.


    Facturation électronique : les professions libérales sont-elles toutes concernées ? 

    Qui est assujetti à la TVA parmi les professions libérales en BNC ? 

    La réforme de la facturation électronique obligatoire s'applique à tous les assujettis à la TVA établis en France. Et c'est là que beaucoup de professionnels BNC commettent une erreur : ils pensent ne pas être concernés parce qu'ils ne facturent pas de TVA.

     

    Un professionnel en franchise en base de TVA reste un assujetti au sens des articles 256 et suivants du CGI. Il est simplement dispensé de collecter et de reverser la TVA. La nuance est importante : être en franchise en base ne signifie pas être « non assujetti ». Vous êtes donc concerné par la réforme, même si aucune ligne de TVA n'apparaît sur vos factures.

     

    Seules les personnes morales ou physiques qui réalisent exclusivement des opérations placées hors du champ d'application de la TVA échappent à cette obligation. C'est un cas très rare pour un professionnel libéral.

    BNC au réel, micro-BNC, SCP, SEL : les règles par statut

    Chaque statut BNC a ses particularités. Le tableau ci-dessous croise votre forme juridique, votre situation TVA et vos obligations en matière d'e-invoicing (factures entre professionnels) et d'e-reporting (transmission de données pour les opérations B2C ou internationales).

     

    Statut Assujetti TVA ? Soumis à l'e-invoicing ? Soumis à l'e-reporting ? Date d'obligation d'émission
    BNC au réel (déclaration 2035), assujetti TVA ✅ Oui ✅ Oui (factures B2B France) ✅ Oui (opérations B2C et international) Septembre 2027 (TPE/PME)
    BNC au réel, franchise en base de TVA ✅ Oui (assujetti non redevable) ✅ Oui ✅ Oui Septembre 2027
    Micro-BNC (déclaration 2042-C PRO), avec TVA ✅ Oui ✅ Oui ✅ Oui Septembre 2027
    Micro-BNC, franchise en base de TVA ✅ Oui (assujetti non redevable) ✅ Oui ✅ Oui Septembre 2027
    SCP assujettie à la TVA ✅ Oui ✅ Oui ✅ Oui Selon taille (sept. 2026 ou 2027)
    SEL (Société d'Exercice Libéral) assujettie ✅ Oui ✅ Oui ✅ Oui Selon taille (sept. 2026 ou 2027)
    Activité 100 % exonérée TVA (art. 261 CGI) ❌ Non redevable sur ces opérations ❌ Non pour les opérations exonérées ✅ Possible selon les cas Septembre 2027 pour l'e-reporting
    Bon à savoir : Une SEL de grande taille (plus de 250 salariés ou CA supérieur à 50 M€) peut être soumise à l'obligation d'émission dès septembre 2026, au même titre que les grandes entreprises et ETI.

    Le cas particulier des activités exonérées de TVA (médecins, enseignants, avocats aide juridictionnelle)

    Certaines activités BNC sont exonérées de TVA au titre des articles 261 à 261 E du CGI. C'est le cas des actes médicaux et paramédicaux, de l'enseignement scolaire et universitaire, ou encore des prestations d'avocats dans le cadre de l'aide juridictionnelle.

     

    Pour ces opérations exonérées, l'e-invoicing ne s'applique pas. Un médecin généraliste qui ne réalise que des consultations remboursées n'a pas à émettre de factures électroniques au format structuré pour ces actes.

     

    Mais attention aux activités mixtes. Si ce même médecin réalise des expertises judiciaires ou des formations pour un organisme privé, ces prestations sont assujetties à la TVA. Les factures correspondantes entrent alors dans le champ de l'e-invoicing (si le client est un professionnel français) ou de l'e-reporting (si le client est un particulier ou un organisme étranger).

     

    Alerte activité mixte : Si vous combinez une activité exonérée et une activité accessoire assujettie, vous devez identifier précisément quelles factures relèvent de l'e-invoicing, de l'e-reporting, ou d'aucune des deux. Votre expert-comptable peut vous aider à cartographier vos flux.

    Quel est le calendrier de la réforme pour les professions libérales en 2026 et 2027 ? 

    1er septembre 2026 - obligation de réception pour tous

    À compter du 1er septembre 2026, tous les assujettis à la TVA établis en France doivent être en mesure de recevoir des factures au format électronique structuré. Cette obligation concerne aussi les micro-BNC et les professionnels en franchise en base de TVA. Pour visualiser l'ensemble des échéances, consultez le calendrier de la facturation électronique avec toutes les dates clés à ne pas manquer.

     

    Concrètement, cela signifie que vous devez disposer d'un accès à une Plateforme agréée de facturation électronique (PA) avant cette date. Même si vous n'émettez pas encore de factures électroniques, vos fournisseurs et prestataires professionnels pourront vous en envoyer dès cette date.

    1er septembre 2027 - obligation d'émission pour les TPE, PME et micro-entreprises

    Les grandes entreprises et les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) sont tenues d'émettre leurs factures au format électronique dès le 1er septembre 2026.

     

    Pour les TPE, PME et micro-entreprises, l'obligation d'émission entre en vigueur le 1er septembre 2027. La très grande majorité des professionnels BNC (avocats, consultants, kinésithérapeutes, architectes, experts indépendants) relèvent de cette catégorie. Les spécificités de la facturation électronique en TPE méritent d'être bien comprises avant de choisir votre solution.

     

    Les critères de taille retenus pour les TPE et PME sont ceux de la définition communautaire : effectif inférieur à 250 salariés, chiffre d'affaires annuel inférieur à 50 M€ ou total de bilan inférieur à 43 M€.

     

    Tableau récapitulatif du calendrier

    Date Obligation Entreprises concernées
    1er septembre 2026 Réception de factures électroniques Tous les assujettis TVA (y compris micro-BNC, franchise en base)
    1er septembre 2026 Émission de factures électroniques + e-reporting Grandes entreprises et ETI
    1er septembre 2027 Émission de factures électroniques + e-reporting PME, TPE et micro-entreprises (dont la majorité des BNC)

     

    Bon à savoir : Même sans obligation d'émission avant septembre 2027, vous devez vous équiper dès septembre 2026 pour recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs. Anticiper cette étape vous laisse aussi le temps de tester vos outils avant l'échéance d'émission.

    E-invoicing et e-reporting : quelle différence pour une profession libérale ?

    L'e-invoicing - vos factures entre professionnels (B2B)

    L'e-invoicing concerne toutes les factures émises et reçues entre assujettis à la TVA établis en France. La facture ne circule plus en PDF par e-mail : elle transite obligatoirement par une PA dans un format structuré exploitable par les systèmes informatiques. Pour bien saisir la distinction entre ces deux dispositifs, l'article sur e-invoicing et e-reporting détaille qui est concerné par chacun.

     

    Exemple concret : vous êtes avocat et vous facturez des honoraires à une société française pour un dossier de conseil juridique. Cette facture passe par l'e-invoicing. Votre PA la transmet à la PA de votre client, et les données sont simultanément communiquées à l'administration fiscale (DGFIP).

    L'e-reporting - vos opérations avec les particuliers et clients étrangers

    L'e-reporting ne concerne pas la facture elle-même, mais la transmission des données de transaction à l'administration fiscale. Il s'applique aux opérations qui échappent à l'e-invoicing : les factures adressées à des particuliers (B2C) et les opérations avec des clients étrangers (UE ou hors UE). Pour comprendre en détail ce volet de la réforme, l'e-reporting comme deuxième volet de la facturation électronique est expliqué pas à pas.

     

    Exemple concret : vous êtes kinésithérapeute et vous facturez une séance à un patient particulier. Cette facture n'est pas soumise à l'e-invoicing (le patient n'est pas un assujetti), mais vous devez transmettre les données de cette transaction via l'e-reporting, par l'intermédiaire de votre PA.

    Autre exemple : vous êtes consultant BNC et vous réalisez une mission pour un client basé en Allemagne. La facture n'entre pas dans l'e-invoicing (client étranger), mais les données doivent être transmises via l'e-reporting. Si vous facturez régulièrement des clients hors de France, les règles de facturation TVA pour un client à l'étranger s'appliquent en parallèle.

     

    Tableau : e-invoicing ou e-reporting selon le type de client

    Type de client Obligation applicable Exemple BNC
    Professionnel français assujetti à la TVA E-invoicing Avocat facturant une SARL pour du conseil juridique
    Particulier (B2C) E-reporting Kinésithérapeute facturant un patient
    Client étranger (UE ou hors UE) E-reporting Consultant facturant une société allemande
    Collectivité publique (via Chorus Pro) Chorus Pro (circuit spécifique) Architecte facturant une mairie
    Association non assujettie à la TVA E-reporting Formateur facturant une association loi 1901

    PA, PPF, Factur-X : comment fonctionne la facturation électronique ?

    Le rôle de la Plateforme agréée de facturation électronique(PA,ex-PDP)

    La plateforme agréée est un intermédiaire agréé par la DGFIP (Direction Générale des Finances Publiques). Son rôle couvre l'ensemble du cycle de vie de la facture électronique : émission, réception, contrôle de conformité des mentions obligatoires, transmission des données à l'administration fiscale et archivage.

     

    Pour un professionnel BNC, la plateforme agréée fonctionne comme un « bureau de poste sécurisé » pour vos factures. Vous créez votre facture dans votre logiciel, la plateforme agréée vérifie qu'elle est conforme, l'achemine vers la PA de votre client et transmet les données fiscales à la DGFIP. Tout se fait de manière automatique, sans intervention manuelle de votre part.

    La liste des plateformes agréées de facturation électronique est publiée sur le site de la DGFIP. Vérifiez que votre prestataire y figure avant de vous engager.

    Le Portail Public de Facturation (PPF)

    Le PPF est le portail mis en place par la DGFIP. Il remplit plusieurs fonctions : annuaire des entreprises (pour identifier la plateforme agréée de chaque entreprise), réception des données de facturation et transmission à l'administration.

    Ce sont les Plateformes Agréées qui communiquent avec le PPF et non les entreprises directement.

     

    Les trois formats de facture acceptés

    La réforme impose l'utilisation d'un format structuré, c'est-à-dire lisible et exploitable par un traitement automatisé. Trois formats sont acceptés :

     

    Format Description Usage typique
    Factur-X Format hybride : un PDF lisible par l'humain + des données XML intégrées exploitables par les logiciels Le plus courant, adapté à la majorité des professionnels BNC
    UBL (Universal Business Language) Format 100 % XML, standard international Échanges avec des grandes entreprises ou à l'international
    CII (Cross Industry Invoice) Format 100 % XML, norme européenne Utilisé dans certains secteurs industriels

     

    En pratique, vous n'avez pas à choisir manuellement votre format. Votre logiciel de facturation ou votre PA génère automatiquement le format conforme. Pour comprendre les différences entre UBL, CII et Factur-X, un article complet détaille les caractéristiques de chacun. Factur-X est le plus répandu car il reste lisible en PDF tout en contenant les données structurées nécessaires.

    Facturation électronique et secret professionnel : que transmet-on à l'administration ?

    Le principe : seules des données fiscales circulent

    Pour les avocats, médecins, psychologues ou tout professionnel BNC soumis au secret professionnel, la question revient souvent : la réforme oblige-t-elle à dévoiler des informations sensibles sur vos clients ou patients ? La réponse est non sur le contenu des prestations, mais la nuance mérite d'être précisée.

    Le décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022 (article 242 nonies J de l'annexe II du CGI) exclut expressément la dénomination précise du service rendu de la liste des données transmises à l'administration pour les professionnels dépositaires d'un secret professionnel. Concrètement, votre facture peut porter une mention générique comme « consultation juridique » ou « prestation de conseil » côté DGFIP, tandis que le détail réel de la prestation reste visible uniquement par votre client.

    Le point de vigilance : l'identité du client en B2B

    En revanche, pour les factures B2B (e-invoicing), l'identité et l'adresse de votre client professionnel restent des mentions obligatoires transmises à l'administration fiscale, au même titre que le numéro de TVA intracommunautaire. Ce point a fait l'objet de discussions entre les ordres professionnels (notamment le Conseil national des barreaux pour les avocats) et la DGFiP, qui a confirmé que ces données ne seraient pas exploitées à des fins de profilage au-delà du contrôle de la TVA.

     

    ✏️ À noter : Pour vos opérations B2C (patients ou clients particuliers), l'e-reporting ne transmet que des données agrégées : montants et TVA globaux, sans le détail nominatif de chaque client. C'est uniquement en B2B que l'identité du client professionnel figure dans les données transmises.

     

    Comment se préparer concrètement à la facturation électronique en profession libérale ? 

    Quatre étapes pour être prêt avant les échéances :

     

    • Analyser votre statut et cartographier votre clientèle
    • Sélectionner l'outil de transmission adapté à votre activité
    • Mettre à jour vos modèles de factures et vos mentions légales
    • Valider le bon fonctionnement par des tests avant la date limite

    Étape 1 - Faites le diagnostic de votre situation actuelle

    Commencez par identifier précisément votre statut : micro-BNC avec déclaration 2042-C PRO, BNC au réel avec déclaration 2035, exercice en SCP ou en SEL. Chaque configuration a un impact sur vos obligations. Un outil pratique permet de découvrir votre éligibilité à la facturation électronique en 2 clics pour clarifier rapidement votre situation.

     

    Listez ensuite vos types de clients :

     

    • Entreprises françaises assujetties à la TVA → e-invoicing
    • Particuliers → e-reporting
    • Clients étrangers (UE ou hors UE) → e-reporting
    • Collectivités publiques → Chorus Pro

     

    Vérifiez enfin que vos données d'identification sont à jour : numéro SIREN/SIRET, adresse de facturation, code NAF. Ces informations alimenteront l'annuaire des entreprises du PPF et seront utilisées par les plateformes agréées pour acheminer vos factures. Si vous avez un doute sur où trouver les codes NAF et APE d'une entreprise, la démarche est simple et rapide.

    Étape 2 - Choisissez votre plateforme (PA)

    Le choix dépend de trois critères : l'intégration avec votre logiciel comptable, votre volume de factures et votre budget.

     

    Pour un professionnel BNC qui émet 10 à 50 factures par mois, une PA avec connexion directe à l'expert-comptable fait gagner un temps considérable. Le comparatif des meilleures plateformes agréées de facturation électronique vous donnera une vue d'ensemble des solutions disponibles.

     

    Tiime est une Plateforme Agréée de facturation électronique gratuite, conçue pour les indépendants et professions libérales. Elle génère automatiquement des factures au format électronique conforme et transmet les données en temps réel à votre expert-comptable, sans ressaisie.

     

    Quel que soit votre choix, vérifiez que la plateforme figure bien sur la liste officielle des PA immatriculées par la DGFIP.

     

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    Étape 3 - Adaptez vos processus de facturation

    Mettez à jour vos modèles de factures avec les mentions obligatoires sur une facture renforcées par la réforme : numéro SIREN du client, mention du type d'opération (livraison de biens, prestation de services), référence de la commande le cas échéant.

     

    Paramétrez la numérotation séquentielle et les mentions légales dans votre outil de facturation. Si vous utilisez encore Word ou Excel pour vos notes d'honoraires, c'est le moment de migrer vers un outil conforme : facturer sur Excel ou Word comporte des risques qu'il vaut mieux anticiper avant l'échéance réglementaire.

     

    Checklist avant bascule :

    • Mentions obligatoires à jour sur vos modèles

    • Numérotation séquentielle sans rupture

    • Coordonnées SIREN/SIRET de vos clients renseignées

    • Paramétrage des taux de TVA (ou mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » pour la franchise en base)

     

    Étape 4 - Testez avant l'échéance

    N'attendez pas le 31 août 2026 pour créer votre compte sur une plateforme agréée. Effectuez des tests d'émission et de réception dès que possible. Envoyez une facture test à un confrère ou à votre expert-comptable pour vérifier que le format est correct et que la réception fonctionne.

     

    Anticipez aussi les cas particuliers propres aux BNC : notes d'honoraires avec provision sur frais, factures d'acompte, avoirs partiels. Ces documents doivent également respecter le format structuré.

    Le cas des débours et frais remboursables

    Si votre activité BNC implique des déplacements ou des frais engagés pour le compte d'un client (frais de justice pour un avocat, déplacement sur un chantier pour un architecte, hébergement pour un consultant en mission), une distinction s'impose. Les débours sont des frais avancés pour le compte du client et refacturés à l'identique, sans marge ni TVA additionnelle : ils sont mentionnés sur la facture mais ne font pas partie de votre chiffre d'affaires imposable.

    Les frais non remboursables (loyer du cabinet, assurance professionnelle, fournitures) restent des charges d'exploitation classiques : ils sont déductibles en comptabilité mais n'apparaissent pas sur la facture client. Bien identifier cette distinction évite les erreurs de TVA lors de la génération de votre facture électronique, en particulier si votre outil de facturation impute automatiquement un taux de TVA sur l'ensemble des lignes.

    Que risquez-vous en cas de non-conformité ?

    La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a revu à la hausse les sanctions applicables en cas de manquement à la réforme. Trois situations sont à distinguer :

    • Facture non émise au format électronique alors que l'obligation s'applique : amende de 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile.
    • Défaut de transmission des données via l'e-reporting : amende de 500 € par transmission manquante, plafonnée à 15 000 € par année civile.
    • Absence de plateforme agréée pour recevoir vos factures : mise en demeure de 3 mois, puis amende de 500 € si la situation n'est pas régularisée, portée à 1 000 € par trimestre supplémentaire de non-conformité.

    ⚠️ Attention : Un droit à l'erreur existe : ces amendes ne s'appliquent pas en cas de première infraction commise dans l'année civile en cours et les trois années précédentes, si vous régularisez spontanément ou dans les 30 jours suivant une demande de l'administration. Pour aller plus loin sur les risques liés à une facture non conforme, un article dédié détaille les sanctions applicables.

     

     

    Cas pratiques : la facturation électronique selon votre métier libéral

    Avocat - factures d'honoraires et secret professionnel

    Profil : Maître Durand, avocate en droit des affaires, BNC au réel, CA de 120 000 € HT. Clientèle : 60 % entreprises françaises (B2B), 40 % particuliers (B2C).

     

    Obligations :

    • 72 000 € de CA B2B → les factures d'honoraires adressées à ses clients entreprises passent par l'e-invoicing à partir de septembre 2027
    • 48 000 € de CA B2C → les données de facturation aux particuliers sont transmises via l'e-reporting
    • Réception de factures électroniques de ses fournisseurs dès septembre 2026

     

    Point secret professionnel : seules les données de facturation (montant, date, identité du client, TVA) sont transmises à l'administration. Le détail des prestations juridiques n'apparaît pas dans les données structurées. Le secret professionnel n'est pas remis en cause par la réforme. Pour aller plus loin, un guide complet sur la facturation électronique pour les avocats détaille toutes les spécificités de cette profession.

    Professionnel de santé - activité exonérée et activité accessoire

    Profil : Dr Martin, médecin généraliste avec une activité d'expertise judiciaire. CA soins exonérés : 150 000 €. CA expertises assujetties à la TVA : 20 000 € HT, facturées à des tribunaux et compagnies d'assurance (B2B).

     

    Obligations :

    • 150 000 € de soins médicaux exonérés (art. 261-4-1° du CGI) → pas d'e-invoicing sur ces actes. L'e-reporting peut s'appliquer pour les données de transaction B2C
    • 20 000 € d'expertises assujetties → e-invoicing obligatoire pour les factures adressées à des professionnels français à partir de septembre 2027
    • Réception de factures électroniques de ses fournisseurs (matériel médical, fournitures) dès septembre 2026

    Consultant indépendant - 100 % B2B

    Profil : Sophie Lemaire, consultante en stratégie digitale, BNC au réel, CA de 80 000 € HT. 15 factures par mois. Clientèle : 12 clients français (entreprises) et 2 clients étrangers (Belgique et Suisse).

     

    Obligations :

    • Factures aux 12 clients français → e-invoicing à partir de septembre 2027
    • Factures aux 2 clients étrangers → e-reporting (transmission des données de transaction à la DGFIP)
    • Réception de factures électroniques de ses prestataires français dès septembre 2026

     

    Sophie émet environ 180 factures par an. Avec une plateforme agréée intégrée à son logiciel de facturation, l'émission au format structuré ne change rien à ses habitudes : elle crée sa facture comme d'habitude, et la PA gère la transmission. Pour les consultants indépendants, un comparatif des meilleurs logiciels de facturation pour consultants peut aider à choisir l'outil le plus adapté.

    Quel que soit votre métier libéral, Tiime vous permet d'anticiper la réforme en émettant dès aujourd'hui des factures conformes aux exigences de la facturation électronique, gratuitement et sans engagement.

    FAQ - Facturation électronique et professions libérales 

    Oui. Un micro-BNC en franchise en base reste un assujetti à la TVA au sens fiscal, même s'il ne la collecte pas. Il doit pouvoir recevoir des factures électroniques dès septembre 2026, puis émettre les siennes à partir de septembre 2027.

     

    Pour ses actes de soins exonérés (article 261-4-1° du CGI), le médecin n'est pas soumis à l'e-invoicing. S'il réalise des activités accessoires assujetties à la TVA (expertises, formations), ces factures sont concernées. L'e-reporting peut aussi s'appliquer à ses opérations B2C.

     

    L'e-invoicing concerne les factures échangées entre professionnels assujettis à la TVA en France (B2B). L'e-reporting concerne la transmission des données de transaction pour les opérations avec des particuliers (B2C) ou des clients étrangers. Un libéral BNC peut être soumis aux deux selon sa clientèle.

     

    Vous n'avez pas à choisir manuellement. Votre logiciel de facturation ou votre PA génère automatiquement le format conforme (Factur-X, UBL ou CII). Factur-X est le plus courant car il combine un PDF lisible et des données XML exploitables.

     

    Les factures à destination de clients étrangers (UE ou hors UE) ne passent pas par l'e-invoicing. Vous devez transmettre les données de ces transactions via l'e-reporting à l'administration fiscale, par l'intermédiaire de votre PA ou du PPF.

     

    La note d'honoraires est un usage courant en BNC mais n'a pas de statut juridique distinct de la facture. Avec la réforme, toutes les factures, y compris celles habituellement appelées « notes d'honoraires », doivent respecter le format électronique structuré lorsque l'obligation s'applique. Les règles sur la facturation en prestation de services restent par ailleurs inchangées sur le fond.

     

    Le coût dépend de votre situation. Si vous utilisez déjà un logiciel de facturation compatible, la mise à jour peut être incluse dans votre abonnement. Si vous facturez sous Word ou Excel, il faudra adopter un outil conforme. Comptez de 0 € à quelques dizaines d'euros par mois pour une plateforme agréée avec intégration comptable. Un comparatif des meilleurs logiciels de facturation électronique vous donnera une idée précise des options disponibles.

     

    Votre expert-comptable peut vous accompagner dans le choix de la plateforme et le paramétrage, mais c'est vous (ou votre outil) qui émettez les factures. L'avantage : votre comptable reçoit automatiquement les données de facturation via la plateforme agréée, ce qui simplifie la tenue comptable et réduit les ressaisies. Si vous n'avez pas encore de comptable, savoir comment bien choisir votre expert-comptable est une étape préalable utile.

     

    Oui, dès lors qu'elle est assujettie à la TVA. Une SCP ou SEL assujettie est soumise aux mêmes obligations d'e-invoicing et d'e-reporting qu'un professionnel BNC individuel. Le calendrier d'émission dépend de sa taille : septembre 2026 pour les grandes structures, septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises.

    Non sur le fond des prestations : la dénomination précise du service rendu est exclue des données transmises pour les professions dépositaires d'un secret professionnel (avocats, médecins). En revanche, pour vos factures B2B, l'identité de votre client professionnel reste une mention obligatoire transmise à l'administration. Pour vos opérations B2C, seules des données agrégées et anonymisées sont transmises via l'e-reporting. 

    Depuis la loi de finances pour 2026, l'amende est de 50 € par facture non conforme à l'e-invoicing (plafond 15 000 €/an) et de 500 € par transmission e-reporting manquante (même plafond). L'absence de plateforme agréée déclenche une mise en demeure de 3 mois avant sanction. Un droit à l'erreur protège toutefois la première infraction régularisée spontanément ou dans les 30 jours suivant une demande de l'administration. 

     

     

    Sources & Références

    Service-Public.fr : Tout savoir sur la facturation

    Impots.gouv.fr : La facturation électronique arrive en 2026

    Urssaf.fr : La facturation électronique : obligatoire au 1er septembre 2026

     

     

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