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Réforme de la facturation électronique : la mise en conformité s'accélère mais la fracture entre entreprises se creuse
5 min
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Écrit le 31/08/2026
Mis à jour le 31/08/2026
Sommaire
Résumé de l'article
À 4 jours de l'entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique, 58 % des entreprises françaises sont prêtes, contre 36 % fin juillet. Mais l'étude OpinionWay pour Tiime révèle un fossé béant entre grandes et petites structures, une réforme encore mal comprise malgré sa notoriété, et un frein moins financier qu'informationnel.
Paris, 27 août 2026 - La bascule s'opère, in extremis. À quelques jours de l'entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique, 4,2 millions d'entreprises françaises se sont mises en conformité en choisissant une Plateforme Agréée, soit 58 % des quelque 7 millions d'entreprises en activité, contre 36 % à peine un mois plus tôt, fin juillet. Une accélération spectaculaire, certes, qui masque néanmoins des disparités très marquées entre profils d'entreprises.
Tiime, 5ème Plateforme Agréée du marché avec 250 000 entreprises inscrites, dévoile les résultats de sa dernière étude menée avec OpinionWay auprès d'indépendants et de TPE réalisée au mois d'août, qui dessine une France à plusieurs vitesses.
Adoption de la réforme : 58 % des entreprises sont prêtes, mais l'écart se creuse selon la taille et le statut
Derrière cette moyenne nationale, l'étude permet de pointer plusieurs disparités. Et le tableau est sans appel : plus une entreprise est petite, moins elle est au fait de cette nouvelle mesure.
Selon le statut, l'écart est criant :
- Statuts individuels (auto-entrepreneurs, micro-entreprises, EI) : 46 % prévoient d'être prêts à temps pour la réforme.
- Statuts classiques (SASU, SARL...) : 72 % prévoient d'être prêts à temps pour la réforme.
La fracture se creuse aussi selon la taille :
- Entreprises sans salarié : 50 % à temps.
- Entreprises de 10 à 19 salariés : 81 % à temps.
Selon le secteur, l'écart est plus resserré mais réel : les services aux entreprises tirent leur épingle du jeu avec 67 % de dirigeants prêts, contre seulement 51 à 53 % dans l'industrie et la construction, le commerce et les services aux particuliers.

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Facturation sur papier ou Excel : de nombreuses TPE tardent à se digitaliser
Ce retard n'est cependant pas qu'une question de calendrier mais révèle un déficit de digitalisation plus profond. 64 % des entreprises interrogées en août déclaraient faire encore leurs factures via un outil bureautique non spécialisé (Excel, Word...) voire à la main.
Le secteur Industrie/Construction est de loin le plus concerné : 86 % de ces entreprises utilisent encore un outil bureautique ou un format papier, contre 58 % dans les services aux entreprises et seulement 39 % dans les services aux particuliers. Un retard structurel de digitalisation qui va rendre la bascule vers la facturation électronique d'autant plus exigeante pour ce secteur, même s'il n'est pas le plus en retard sur la préparation stricte à la réforme.
Connaissance : une réforme identifiée mais mal comprise
Certes, la notoriété de la réforme a beaucoup progressé ces derniers mois. En revanche, sa compréhension reste largement insuffisante.
- 91 % des dirigeants ont entendu parler de la réforme (+10 points par rapport à mars 2026).
- Mais seulement 37 % savent exactement ce qu'elle contient.
- 9 % n'en ont jamais entendu parler.
Selon le secteur, la notoriété globale est homogène (89 à 93 % selon les secteurs), mais la compréhension précise de la réforme varie fortement, de 49 % dans les services aux entreprises à 28 % dans le commerce.
Symbole de cette incompréhension : seuls 62 % des dirigeants s'estiment concernés par l'obligation (24 % pensent ne pas être concernés, et 14 % ne savent pas). Ce chiffre baisse même à 57 % chez les entreprises individuelles, notamment les micro-entreprises. Un écart qui illustre bien le fossé entre « avoir entendu parler » et « avoir compris ce que ça implique pour soi », et qui explique les retards constatés dans le passage à l'action.
A savoir : La DGFiP a explicitement annoncé qu'il n'y aura aucune sanction jusqu'à la fin de l'année 2026. Un filet de sécurité que ce niveau de méconnaissance rend d'autant plus important à faire connaître aux dirigeants concernés.
Le principal frein n'est pas l'argent, c'est le choix
Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas le coût estimé de la mesure qui bloque en priorité les entreprises non équipées:
- 32% ne savent pas quelle Plateforme Agréée choisir
- 27 % manquent de temps.
- 24 % pensent ne pas être concernés.
- 22 % évoquent le budget, en dernière position.
Les 32 % de dirigeants non équipés qui déclarent ne pas savoir quelle plateforme choisir montrent la complexité de ce choix. Un chiffre qui grimpe à 47 % chez les entreprises de 3 à 9 salariés. Difficile de leur en vouloir : avec plus de 148 plateformes agréées par l'État, le choix relève du casse-tête.

Perception de la réforme : des projections contrastées
Une défiance croissante envers le partage des données. L'inquiétude liée au partage de données avec l'État a bondi de 18 points en 5 mois : 73 % des dirigeants ne souhaitent pas partager leurs données de facturation clients et fournisseurs avec l'État, contre 55 % en mars 2026. Chez les entreprises de 10 à 19 salariés, ce rejet grimpe même à 89 %.
La crainte d'une surcharge administrative. 71 % des dirigeants pensent que la réforme va alourdir leur charge administrative, un chiffre qui monte à 86 % chez les 10-19 salariés et 82 % chez les 3-9 salariés. Selon le secteur, c'est l'industrie et la construction qui expriment la plus forte inquiétude (78 %), suivies du commerce (73 %), tandis que les services aux particuliers sont les plus mesurés (64 %).
Un bénéfice attendu sur les délais de paiement. Mais tout n'est pas négatif : 47 % des dirigeants pensent tout de même que la réforme va raccourcir les délais de paiement de leurs clients, un bénéfice concret et tangible pour la trésorerie. Ce chiffre grimpe même à 85 % chez les 10-19 salariés, preuve que les entreprises un peu plus structurées perçoivent mieux le potentiel positif de la réforme.

La gratuité, critère numéro 1 de choix d'une Plateforme Agréée, devant la simplicité d'usage
Quand on demande aux dirigeants quel sera leur critère de choix principal, la réponse est sans appel : 43 % citent la gratuité, loin devant la facilité d'utilisation (20 %). Ce réflexe budgétaire est encore plus marqué chez les entreprises sans salarié, où il monte à 50 %.
Mais cette information cache un paradoxe intéressant : quand on leur demande frontalement quel est le prix qu'ils jugent « juste » pour une solution de facturation électronique, seuls 26 % répondent « 0 € ». Les 74 % restants s'attendent bel et bien à payer, avec un prix jugé juste en moyenne à 48,10 €/mois, et 21 % citent même spontanément « 50 € ou plus » comme un tarif acceptable. Autrement dit : la gratuité reste le critère qui fait rêver sur le papier, mais dans les faits, la majorité des dirigeants a déjà intégré l'idée de payer pour un bon outil.

Maxime Digue, cofondateur et Directeur Général de Tiime :
« Ces derniers résultats confirment ce qu'on observait depuis le printemps : à l'approche de l'échéance, les entreprises se mettent en mouvement, et c'est une bonne nouvelle. Mais cette dynamique cache une réalité à deux vitesses. Les plus petites structures restent les moins informées et les moins équipées. Le vrai sujet n'est plus la pédagogie sur l'existence de la réforme, tout le monde ou presque en a entendu parler, mais son accompagnement : aider un dirigeant à choisir sa plateforme parmi une offre pléthorique, à lui faire entendre qu'il ne sera pas sanctionné avant 2027, et à voir cette mesure comme un progrès plutôt que comme une contrainte supplémentaire. »
Méthodologie
Étude réalisée par OpinionWay pour Tiime auprès d'un échantillon de 401 indépendants et dirigeants de TPE, représentatif des entreprises françaises de moins de 20 salariés. Interviews réalisées du 3 au 11 août 2026.
Toute reprise doit mentionner : « Sondage OpinionWay pour Tiime ».
Etude intégrale disponible via : https://bit.ly/4hSXc6s
Contacts presse
Cécile Lipovetzky, Consultante RP
lipovetzky.cecile@gmail.com | 06.09.84.01.08
Stéphane Cloutour, Consultant RP
stephane.cloutour@orange.fr | 06.89.77.16.64
Rédigé par Maxime Digue
Maxime Digue est cofondateur et directeur général de Tiime, qu'il a lancé en 2015. Avec une culture digitale et entrepreneuriale forte, il prend régulièrement la parole dans les médias pour partager la vision et la stratégie de Tiime : un modèle 100 % autofinancé, sans levée de fonds, qui accompagne aujourd'hui plus de 300 000 entrepreneurs. Il y décrypte les grandes mutations du secteur, de la facturation électronique à l'IA appliquée à la gestion d'entreprise.
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