Fracture numérique, quelle réalité pour la profession comptable ?

 

La fracture numérique, un concept qui ne se démode pas mais dont les principaux intéressés ignorent parfois en souffrir et ne peuvent donc réagir. 

🙈🙉🙊

Amaury Libaud a réalisé de nombreuses missions pour des entreprises du CAC 40 comme pour des cabinets de professions libérales. Rompu aux méthodes les plus innovantes pour aider les organisations dans leur processus de changement, il nous parle aujourd’hui de ce danger insidieux, qu’est la fracture numérique. 

De quoi parle-t-on exactement ?

La célèbre base de données Cairn, pose les mots sur un concept aussi rependu qu'abstrait :

“Le concept de fracture numérique appartient à la catégorie de ceux qui ne peuvent être saisis par une définition unique et universelle.”

Le terme apparu en 2001 (Gurova), a été définit par l’OCDE comme suit : “ se réfère aux disparités entre individus, foyers, entreprises et aires géographiques aux différents niveaux socio-économiques en termes d’accès aux TIC et d’utilisation de l’Internet pour une large variété d’activités (OCDE 2001 ).” 

La fracture numérique n’est donc pas réservée aux seules populations délaissées par les opérateurs téléphoniques, aux administrations ou à une même classe sociale.

Qui est concerné ?

La question est à peine posée que le consultant sourit avant de nous partager une anecdote. 

“Il y a quelques années j’ai travaillé en Italie pour une société très en pointe sur les technologies. On est sur une société ancienne, extrêmement présente sur les nouvelles technologies, qui fait référence dans le domaine.
Je m’étais intéressé à la digitalisation du département RH.
J’avais commencé ma mission de “Change” par une sorte de sondage: A quel point vous sentez-vous digitalisé ? J’ai reçu de nombreux retours du type “on est très digitalisés, moi en tant que RH je suis très digitalisé”.

Quand on entrait ensuite dans la définition de “Qu’est-ce que la digitalisation ?” pour à peu près un bon tiers des RH c’était … se servir de Word et envoyer des mails. Alors que l’on pouvait imaginer que cette entreprise serait très digitalisé, on se rend compte que leurs collaborateurs se disent “Je suis digitalisé parce que j’envoie des mails”... Ce n’est pas ça la digitalisation.”

Il n’y a pas de règle en matière de digitalisation : il n’a pas de métier, ni même d’entreprise épargnée.
Évidemment, un ingénieur informatique, va être plus en pointe avec des évolutions technologiques, plus à l’aise sur un changement informatique mais ce n’est pas une garantie et cela ne va pas concerner l’intégralité de l’entreprise.

D’où vient le problème ?

En général c’est une peur de la nouveauté, un besoin non identifié ou repoussé.

On revient donc à notre bonne vieille appréhension des changements ! Sans être vraiment obligés, au bord du précipice, certains individus refusent ces évolutions. 

Pour illustrer son propos, Amaury évoque Pettigrew qui, dans les années 80, avait théorisé le fait que ce sont les crises qui vont générer les changements les plus massifs et une meilleure acceptation des organisations. A un moment donné, il y a eu la crise des brevets qui a modifié énormément de choses. Le numérique est arrivé, créant une nouvelle fracture et les entreprises ont été obligées d'entrer dedans en se créant des sites internet … 

Aujourd’hui nous vivons la crise du Covid où d’un côté les salariés ne peuvent plus se rendre sur leur lieu de travail et où les entreprises sont obligées (du moins très encouragées) à mettre en place du télétravail. Cela demande de casser les barrières qu’il pouvait y avoir au départ sur ce nouveau type de modèle organisationnel mais c’est aussi un changement technologique

Sans avoir anticipé cette accélération de la place du numérique, ils se retrouvent au pied du mur.

Quel est l’impact du COVID ?

Le covid est un accélérateur, un révélateur de cette fracture numérique.

La période va être décisive pour certaines entreprises. Le seul avantage, c’est que beaucoup d’entreprises vont devoir, parce qu’elles n’auront plus le choix, passer outre cette fracture et entrer en plein dans le numérique.
Amaury évoque notamment beaucoup d’entreprises de vente, dans la restauration, dans des centres commerciaux, les boutiques de vêtements etc …
Pour les boutiques de vêtement en France, avant le Covid, 70% d’entre elles n'avaient pas de site internet.

Le consultant pose une hypothèse : beaucoup se lancent dans le click and collect, dans la vente en ligne, parce que la crise oblige les gens à changer et à adapter leur modèle de vente. Une fois que la crise sera passée, si ces entreprises sont toujours debout, parce qu’elles ont changé, elles garderont sans doute la vente par internet. Elles verront que ce nouveau modèle leur apporte un chiffre d’affaires supplémentaire auquel elles n’avaient pas encore pensé ou qu’elles n’avaient pas pu réaliser avant la crise.

Que faire ? s’il n’est pas encore trop tard …

Pour Amaury, il n’est plus trop temps de tergiverser, il faut se lancer.

Il n’est pas trop tard mais il ne faut pas laisser les écarts se creuser, le rattrapage sera alors complexe, coûteux voire impossible pour certaines structures. 

Le risque c’est de se croire épargné : par son business model, sa profession, sa localisation...Tous les métiers ont adapté leurs pratiques : téléconsultations pour les médecins (et succès grandissant de Doctolib), cours en ligne...

Si les clients des experts-comptables survivent en s’adaptant, le numérique fera partie intégrante de leur métier, de leur quotidien. Ils ne comprendront pas, que celui qui les conseille : expert comptable, consultant, avocat, ne suive pas ces mêmes recommandations, pire, qu’il ne s’adapte pas à leurs besoins. 

🔌👌

Les entrepreneurs vont s’habituer à cette connectivité, aux échanges à distance sauf que cette fois, celui qui ne doit pas rater le passage au digital, ce sera le cabinet.

 

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