10 questions indispensables à se poser avant de créer son entreprise

Se lancer dans un projet de création d’entreprise constitue une aventure fabuleuse ainsi qu’un aboutissement pour bon nombre d’entrepreneurs. Mais la réalité n’est pas à négliger : environ 45% des entreprises ne dépasse pas les 3 ans d’existence. Aussi faut-il se poser les bonnes questions lors de la création de votre entreprise.

En effet comme le disait le grand Ghandi : « Chaque bonne réalisation, grande ou petite, connait ses périodes de corvées et de triomphes ; un début, un combat et une victoire ».

Il n’y a pas de recette miracle dans le parcours de la création, seulement de la patience et beaucoup de travail ! Vous aussi vous voulez vous lancer dans cette grande aventure ? Alors posez-vous d’abord ces 10 questions ;)

1° Est-ce que j’ai les compétences et qualités nécessaires ?

Et oui ! Gérer une entreprise au quotidien ça s’apprend ! En tant que chef d’entreprise, vous serez amené à prendre toutes sortes de décisions importantes ce qui demandera une totale polyvalence de votre part.

Etre dirigeant d’entreprise, c’est également savoir faire face aux difficultés quotidiennes :

  • pallier à un salarié absent,
  • gérer les moments de rushs d’activité,
  • savoir négocier avec des fournisseurs,
  • anticiper les potentielles difficultés financières de votre société,
  • etc.

La plupart des entreprises sont mono-associées, cela peut représenter un avantage dans la mesure où vous pourrez gérer la société comme vous voulez. Mais afin de multiplier vos compétences et maximiser vos chances de réussite, il peut être bien de s’associer avec un proche.

Les questions avant de créer son entreprise

Cela vous permettra également de disposer de fonds plus importants et de déléguer certaines tâches de gestion, dans le cas où votre acolyte est également mandataire social.

Ensuite, il faut s’attendre à ne pas devenir millionnaire dès la création de votre boite, il faudra donc s’armer de patience et de bonne volonté dans cette folle aventure !

Mais n’oubliez pas que même si vous êtes seul dans votre boite, des partenaires géniaux peuvent vous accompagner ;)

2° Comment trouver des solutions pour financer mon projet d’entreprise ?

Créer sa boîte nécessite de disposer de quelques économies. En effet, avant même que la société ne soit effectivement créée, il vous faudra d’abord financer son capital.

Mais alors le capital, qu’est-ce que c’est ?

Le capital social, c’est l’argent que les associés de la société apportent sur un compte bancaire bloqué jusqu’à la création de la société et que ces derniers ne pourront pas se rembourser tout au long de la vie de la société.

Légalement, il n’y a pas de capital minimum pour créer son business.

Mais dans les faits, il vous faudra un minimum de capital si l’activité nécessite d’effectuer de lourds investissements. Ce qui sera notamment le cas pour un commerce ou un restaurant par exemple.

Un capital minimum pourra aussi être requis en fonction de votre cible de client, par exemple si vous souhaitez démarcher des banques ou des grossistes.

En gros, plus votre capital sera important, plus vous aurez l’air de quelqu’un de sérieux auprès de vos partenaires.

Les questions avant de créer son entreprise

Quelles sont les solutions qui existent ?

Heureusement, il n’est pas nécessaire d’avoir la bourse de Rothschild pour lancer son projet !

La banque pourra aider la société à réaliser ses investissements « matériels » mais elle ne financera que très rarement ses stocks. Donc si vous choisissez de vous lancer dans une activité de commerce, cela fera partie d’un des premiers obstacles de votre vie d’entrepreneur, il vous faudra trouver d’autres moyens de financements.

L’apport en compte courant d’associé

Vous apportez des fonds ou vous financez certains frais de la société le temps que celle-ci se lance, et vous pouvez vous rembourser par la suite, a contrario de votre capital ou bien le crowfunding dont nous reparlerons plus bas.

La banque

Si vous souhaitez que la banque vous aide à financer votre projet, il vous faudra faire un minimum d’apport dans votre société (capital et apports en compte courant d’associés).

Et oui ! Comme le dit le dicton, on ne prête qu’aux riches !

En général, la banque exigera que pour un projet donné, environ 20 à 25% de l’investissement soit financé par les créateurs et elle préférera toujours mieux que cet apport soit réalisé en capital plutôt qu’en apport en compte courant d’associé.

Le financement participatif

Mais si votre projet nécessite des investissements que vous n’avez pas les moyens de financer tout seul pour le moment, et que vous ne souhaitez pas passer par une banque pour le financement, il existe d’autres solutions comme le financement participatif (ou crowfunding).

Concrètement, c’est une cagnotte sur internet où des personnes qui croient en votre projet font des dons, en échange de contreparties, pour participer à l’aventure et vous permettre de réaliser vos rêves d’entrepreneurs.

Enfin, il existe d’autres financements qui pourront être accordés sur la base du respect de certains critères :

  • Le prêt d’honneur permettant de compléter l'apport personnel et qui est attribué par des organismes extra-bancaires comme par exemple Réseau Entreprendre ou France Initiative, à des créateurs sélectionnés et sur remise d'un dossier constitué par un professionnel.
  • Les subventions qui vous seront surtout attribuées bien après la création de la société en fonctions du respect de certains critères.

3° L’entreprise intéressera-t-elle suffisamment de clients ?

Pour que votre entreprise perdure sur le marché, il vous faudra réaliser du chiffre d’affaires, et sans client : pas de chiffre d’affaires.

Ce qui signifie qu’avant de vous lancer dans les démarches de création, il faudra déjà réfléchir en premier lieu à ce que vous comptez réaliser précisément comme activité.

L’activité que vous souhaiterez effectuer sera mentionnée sur votre kbis et sur vos statuts. C’est ce qu’on appelle l’objet social. L’objet social ne doit être ni trop large pour ne pas créer la confusion chez la cible que vous souhaitez viser, ni trop restreint car juridiquement votre activité devra s’astreindre purement et simplement à ce qui est indiqué dans votre objet social.

Ensuite, une fois que l’activité sera délimitée, il vous faudra faire une étude de marché du secteur :

    • Quels seront mes concurrents ? Sur quel segment se positionnent-ils en terme de prix, qualité, etc ?
    • Est-ce que mon produit proposé est déjà disponible sur le marché ? Est-ce que s’il ne l’est pas d’autres produits peuvent d’ores et déjà le remplacer ?
    • Quelle est la taille de la clientèle de secteur ?
    • Y aura-t-il une réglementation spécifique à respecter dans mon activité ?
    • Le marché est-il fermé, y a-t-il déjà trop de concurrents sur le marché ?

Une fois cette étude réalisée, vous pourrez définir votre positionnement et établir un business plan chiffré qui vous permettra de savoir si l’activité que vous comptez réaliser sera rentable ou non.

Les questions avant de créer son entreprise

4° Comment calculer la rentabilité d’une entreprise ?

La viabilité et la rentabilité d’une entreprise vont s’apprécier au travers de différents indicateurs :

Le seuil de rentabilité :

C'est le niveau de chiffre d’affaires au-delà duquel vous allez pouvoir commencer à dégager un bénéfice. Car les charges de la société pourront être fixes comme variables, le seuil de rentabilité te permettra de connaître le niveau de chiffre d’affaires au delà duquel vous pourrez assumer vos charges fixes qui par définition sont incompressibles comme le loyer.

La capacité d’autofinancement (CAF) :

C'est le niveau de trésorerie dégagé par l’activité sur une période d’année. Il se calcule en partant du résultat comptable généré par l’activité. Les banques exigent en général que l’emprunt qu’elle accorde soit financé en 4 années de CAF. C’est-à-dire que si l’emprunt souhaité est de 100 000€, il faudra dégager au moins 25 000€ de CAF par an.

Le compte de résultat prévisionnel :

C’est un tableau financier qui synthétise l’ensemble des produits et des charges prévisionnelles d’une entreprise pour se solder par un résultat positif (un bénéfice) ou négatif (une perte). Il contient notamment le chiffre d’affaires prévisionnel, les charges d’exploitation, les taxes, les charges financières et les amortissements prévisionnels. 

5° Suis-je prêt à ne pas me rémunérer le temps que l’entreprise se lance ?

La création d’entreprise est une aventure fabuleuse mais les débuts sont durs car même si le chiffre d’affaires n’est pas au rendez-vous dès la création de la société, votre proprio et votre banquier n’attendront pas pour se faire payer !

La trésorerie de la société ne permettra probablement pas au dirigeant de se rémunérer dès la création et ce, malgré les efforts et l’argent qu’il y aura investi.

Il convient donc de s’assurer que vous disposez d’assez d’économies personnelles ou d’autres sources de revenu avant de vous lancer dans cette folle aventure.

Mais la bonne nouvelle pour vous, c’est que le Pôle Emploi ne vous laissera pas tomber et que vous pourrez continuer à en bénéficier jusqu’à la fin de vos droits tout en suivant vos rêves d’entrepreneur ! Alors, elle est pas belle la vie ? 

6° Quelles seront les caractéristiques juridiques, fiscales et sociales de mon entreprise ?

La création de société c’est prendre des choix qui s’appliqueront en principe pendant toute la vie de la société.

La forme juridique

Société à responsabilité limitée (SARL), Société par actions simplifiée (SAS), Société en commandite (SCA et SCS), Société anonyme (SA), Entreprise individuelle, auto-entreprise, etc. Autant de sigles et de formes juridiques qui ne sont pas là pour rien car chacune a ses avantages et ses inconvénient qui s'adapteront à vous et à votre projet ! Si nous prenons les 3 formes les plus fréquentes :

L’auto entreprise

Peu de formalisme pour sa création mais un patrimoine non distinct de son exploitant et un seuil de chiffre d’affaires à ne pas dépasser.

La SARL

Plus sécurisante pour le patrimoine de ses associés et moins coûteuse en termes de rémunération que sa rivale la SAS (40% de cotisations sociales en SARL contre 75% sur la SAS).

La SAS

Aussi sécurisante pour le patrimoine de ses associés que la SARL, elle est contrairement à la SARL plus libre au niveau de l’entrée et de la sortie de ses associés. Mais si la retraite semble loin pour vous et que ce que vous voulez c’est du cash tout de suite, optez pour la SAS et rémunèrez vous en dividendes, car au niveau de ça la SAS bat la SARL à plate couture.

Le mode d’imposition

Selon la structure juridique choisie par l’entrepreneur, l’imposition des bénéfices est distribué différemment selon l’impôt sur le revenu (pour les sociétés de personnes) ou l’impôt sur les sociétés (pour les SAS, SA, SASU, etc.)

 

7° Quels sont les risques liés à la création d’entreprise ?

A vaincre sans péril on triomphe sans gloire ! Cela s’applique également à la création d’entreprise ;)

Financiers

La constitution de toute société nécessite un minimum d’apport financier que vous pourrez faire fructifier si la success story est au rendez vous ou bien perdre totalement si vos plans échouent...

Personnel

Créer sa propre entreprise, c’est du temps investi parfois sans contrepartie attendue en termes de rémunération. Il convient donc de réfléchir à sa situation personnelle avant de se lancer dans la grande aventure notamment si vous avez des enfants en bas âge par exemple.

8. Où vais-je créer ma société ?

Il faut également réfléchir à l’implantation d’une entreprise : 

  • Est-ce que vous voulez travailler pépouze de chez vous au point d’y installer votre siège social ?
  • Est-ce que l’espace de coworking et les nombreuses synergies qu’il fait naître vous fait envie ?
  • Est-ce que vous souhaitez opter pour la discrétion en installant votre siège social dans une société de domiciliation ?
  • Ou plutôt sur les Champs Elysée car votre gros kiff dans la vie c’est la mode et que quoi de mieux pour ça que d’ouvrir votre boutique sur la plus belle avenue du monde ?

9. Ai-je le bon réseau professionnel ?

On n’a beau être Stephen Hawking, on ne peut pas savoir tout sur tout et être partout à la fois !

Il peut être bon de développer un réseau dans votre domaine d’activité afin de bénéficier de conseils et retour d’expérience de vos « confrères » et de multiplier les synergies de groupe.

Certaines compétences et certains savoirs ne sont pas innés, c’est pour cela qu’avoir un bon avocat et surtout un bon cabinet d’expertise comptable vous sera d’une grande aide !

10° Ai-je réfléchi à comment me retourner si l’activité de mon entreprise ne décolle pas ?

On a beau avoir fait un business plan chiffré avec des indicateurs satisfaisants, la réussite n’est pas toujours au rendez-vous. Cela peut être lié à un financement qui n’a pas suivi, un associé en qui on avait confiance qui ne souhaite plus poursuivre l’aventure, un gros client qui nous lâche, un marché en déclin, etc.

Dans un environnement où la concurrence est de plus en plus intense et où les mutations technologiques sont omniprésentes, il est indispensable de réfléchir à un plan B si jamais la success story s'arrête.

C’est la raison pour laquelle même si la création d’entreprise nécessite toujours un investissement de départ cela ne signifie pas qu’il faut y investir la totalité de vos économies. Il faut réfléchir à l’avenir, toujours garder des solutions vous permettant de vous relever en cas de coup dur.

Après ça, vous êtes enfin prêt(e) pour vous lancer ;)

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